Historique

 

L'histoire de la Capoeira se confond avec celle du Brésil, c'est une expression de la culture populaire. Son expression fait partie du vaste et riche héritage culturel du Brésil. Elle s'exprime par la danse, l'expression corporelle et la créativité dans les mouvements, par la musique, le rythme et le chant. Quatre siècles d'esclavage ont engendré la capoeira.

Les esclaves amenèrent avec eux la tradition de se défendre avec leurs pieds. A travers le temps, ce qui constituait une tradition tribale s'est transformée en tant qu'arme d'attaque et de défense dans un environnement hostile.

Les luttes et des danses acrobatiques africaines, la “ congada ”, espèce de ballet guerrier qui rendait hommage à un esclave élu roi par ses compagnons de misère a joué un rôle crucial dans la création de la Capoeira. On formait alors une “ roda ”, au centre de laquelle les danseurs exécutaient des sauts spectaculaires. Des danses africaines traditionnelles telles que le cabinda, le caxambu, le lundu ou le jongo ont certainement inspiré les capoeiristas. La Capoeira s'est formée dans la " senzala " , la case des esclaves où après d'interminables journées de travail exténuant, épuisés les esclaves se retiraient pour y recevoir d'insuffisantes rations. Ces esclaves africains déportés au Brésil ont absorbé la culture des autres esclaves d'origines ethniques diverses, ils se sont acculturés en quelque sorte. C'est dans ce contexte que la Capoeira Brésilienne a été créée. Chaque peuple d'Afrique apporta ses traditions et le mélange de ces coutumes donna naissance à ce métissage ethnique.

Certains esclaves réussirent à s'enfuir et à rejoindre les  «  quilombos » , communautés d'esclaves fugitifs disséminés dans les forêts un peu partout au Brésil.
Le Brésil a été le dernier pays à abolir l'esclavage en 1888 avec la signature de la loi Aurea ou loi d'or, par la Reine Isabel. Cependant les discriminations persistent et les noirs ne trouvèrent pas de place pour s'insérer dans le nouvel ordre social. Le Capoeiriste, avec son habileté au combat, sa confiance en lui et son individualité est rapidement tombé dans la criminalité, emmenant avec lui, la Capoeira.

En 1892, la première constitution de la République brésilienne interdisait la pratique de la capoeira. La police obtient carte blanche pour sa répression. Après plusieurs années de persécution, la capoeira a continué de grandir, en secret. A Bahia, la capoeira a continué de se développer en synthèse de rituel, danse, combat, jeu, et le berimbau est devenu un instrument indispensable utilisé pour commander les rondes, toujours réalisées dans des lieux occultes Pour la première fois depuis 400 ans, la capoeira est enseignée et pratiquée en dehors de la marginalité, jusqu'au succès mondial qu'on lui connaît aujourd'hui.